Chapitre du mois d'août 2010

Titre : Le bon chemin
Auteur : Zimra David
Fandom : Mentalist
Rating : AP
 Disclamer : les personnages ne m’appartiennent pas…


Résumé : Un soir au CBI, Jane a une prise de conscience qui pourrait tout changer. 

Note de l'auteur : légers spoilers de la saison deux dans le deuxième chapitre. Cette fic' se situe après le dernier épisode de la saison un. L’histoire peut être lue sans avoir lue la série mais certains points seront moins compréhensibles.

 


 

Chapitre 1



Patrick Jane se laissa tomber sur son divan, lâchant un soupir de soulagement ; encore une enquête bouclée. Dire que son aide en tant que consultant n’avait pas été utile aurait été mentir ; en effet, sans lui, l’équipe de Lisbon fonçait dans le mur et laissait le coupable s’envoler pour le Mexique… Heureusement, il avait réussi à piéger Mme Scheir à son propre jeu et Rigsby l’avait intercepté alors qu’elle entrait dans l’aéroport. Lisbon n’avait pas été très contente d’apprendre qu’il avait encore fait cavalier seul en entraînant un membre de son équipe mais elle avait accepté de le couvrir auprès du boss en faisait passer l’intuition du blond pour une de ses propres déductions, comme d’habitude.

Jane ferma les yeux, se laissant bercer par le bruit régulier des agents du CBI. Le bruit le calmait, lui permettait de réfléchir calmement et même d’avoir un sommeil sans cauchemars… Sans doutes le bruit lui rappelait-il que les gens autour de lui étaient en vie, que le monde continuait de tourner et qu’il devait faire pareil, continuer sa vie jusqu’à atteindre son objectif ; la vengeance. Il avait été plusieurs fois si près du but… Mais RedJohn gagnait toujours, les attendant au tournant, quelques longueurs d’avance, en épiant leur moindre fait et geste. Jane savait qu’il l’avait sous estimé au début, d’où ses défaites. Mais maintenant, il ne ferait plus ces grossières erreurs, il vaincrait RedJohn une bonne fois pour toute, un jour. Il le savait.

Au bout d’un moment, au milieu de son demi-sommeil, l’ex-medium se redressa dans le canapé, ouvrant les yeux. Il avait entendu une porte s’ouvrir… Gagné, il s’agissait bien de celle du bureau de Lisbon. Il eut un petit sourire triste alors qu’il s’adossait à l’accoudoir du divan, elle était revenue pour travailler, sans doute sur RedJohn. A cause de ses multiples demandes auprès d’elle, Lisbon avait finit par craquer et accepter que l’équipe enquête sur le cas RedJohn dès qu’ils avaient un peu de temps. Mais elle s’était laissée prendre dans ma spirale infernale que l’assassin créait autour de lui et elle ne pouvait empêcher cette fascination morbide pour le serial killer de la happer, peu à peu. Elle revenait désormais au moins trois soirs par semaine au CBI pour chercher des informations sur cet homme. Et Jane s’en voulait. Il n’aimait pas l’idée d’avoir entraîné la jeune femme avec lui sur la pente glissante qu’était RedJohn car, au moindre faux-pas de sa part, Lisbon se retrouverait KO au bas de la colline. Le laissant seul, complètement seul.

Jane s’étira et soupira, observant la silhouette de Lisbon au travers de la vitre de son bureau. Il n’aimait pas la boule qu’il sentait se former dans son ventre lorsqu’il l’imaginait lutter contre un énième criminel, lorsqu’il entendait des coups de feu dans un combat au sein duquel il était inutile et ne pouvait intervenir, apporter son aide. Il se rappelait encore de sa terreur lorsque le ripou l’avait menacé de son arme, après avoir tué son geôlier. Ce jour la, il avait tué. Pour la première fois de sa vie. C’était une sensation étrange car rien ne changeait… Le monde continuait. C’était donc cette sensation qu’avait ressenti RedJohn après avoir tué sa femme et sa fille… ? Cette brève sensation d’adrénaline, de pouvoir et de dégout ? Il se souvenait aussi de la peur qui avait traversé le visage de Lisbon, alors que l’homme braquait son arme sur elle. De son incompréhension quand elle l’avait vu s’écrouler. De sa tristesse lorsqu’il était mort, se moquant de Jane… Il se rappelait aussi de la gentillesse avec laquelle elle avait réagit par la suite envers lui, sachant à quel point le choix lui avait coûté. Il était parvenu à voir tout ça, sur le visage de sa collègue, des jours même, après l’événement. Quand elle était penchée sur du travail, l’esprit ailleurs, où quand elle revenait du psy… Il n’aimait pas savoir regarder sa collègue dans les yeux et parvenir à y lire ses craintes, ses doutes, tout ce qu’elle tentait de lui dissimuler… Pour une fois, il aimerait réussir à fermer les yeux et continuer son chemin. Mais il ne pouvait pas.

Et Jane voyait la route qu’il s’était lui-même forgée depuis la mort de sa femme et de sa fille changer… Il la voyait se diviser en deux chemins et il n’arrivait pas à choisir lequel emprunter. Il savait que l’un lui permettrait d’assouvir sa vengeance, son but, voire de mourir. Mais l’autre… L’horizon y semblait plus calme, bien qu’empli de doutes. Il savait que s’ils prenaient ce chemin, ils ne pourraient faire demi-tour. Et il savait aussi qu’en choisissant cette route, il l’exposerait encore plus au danger qu’était RedJohn.

Il jeta un nouveau coup d’œil vers le bureau de Lisbon. Il savait qu’elle était fatiguée, elle n’avait pas beaucoup dormi ces derniers temps et l’enquête qu’ils venaient de boucler avait été éprouvante. Son regard se posa sur ma cafetière et il sourit, exactement ce qu’il lui fallait…

[…]




Lisbon fixait l’écran de son ordinateur des yeux sans vraiment lire ce qui y était écrit, la tête posée sur sa main. Elle ne pouvait pas dire qu’elle comprenait Jane au sujet de RedJohn, mais elle se sentait comme hypnotisée par le besoin de savoir qui était cet homme, qui se cachait derrière ce smiley ensanglanté… Il la fascinait, d’une fascination remplie de dégout. C’était étrange. Et c’était ce sentiment qui la poussait à poursuivre ses recherches sur cet homme monstrueux malgré sa fatigue. Elle savait bien qu’elle ne parviendrait pas à dormir, pas ce soir. Elle avait besoin de chercher.
Une dizaine de minutes plus tard, la jeune femme sursauta et posa la main sur son arme de service lorsque la porte de son bureau s’ouvrit à la volée, mais elle se détendit aussitôt en découvrant Jane dans l’embrassure de la porte. Ca lui apprendrait à lire des articles sur un tueur morbide à plus d’une heure du matin… Son collègue eut un petit sourire. Un de ces sourires qui signifiait ‘Je comprends’ et elle se sentir rougir. Pourquoi n’arrivait elle donc pas à rester elle-même ce soir ? Sans doutes la fatigue…

-Je vous apporte du café, dit-il en lui tendant un mug.

Elle sourit. Il n’y avait qu’un seul homme pour lui donner une tasse de café noir à une heure et quart du matin sans la questionner sur la raison de sa présence à son bureau.

-Merci, répondit-elle sans le quitter des yeux.

Il acquiesça, saisissant le double sens de son merci alors que Lisbon attrapait la tasse et la portait à ses lèvres, inspirant à fond l’odeur du café. Elle ferma un instant les yeux et soupira d’aise, c’était fou comme le simple fait d’être ici, de tenir une tasse de café et d’être en compagnie de Jane la rassurait…

-Dure journée, lâcha t’il en se laissant tomber dans un fauteuil, face à Lisbon.

Elle hocha la tête alors qu’il s’étirait bruyamment en fermant les yeux.

-D’ailleurs, heureusement que vous étiez la sans vous Scheir se serait envolée et on aurait jamais pu l’attraper.

Il rouvrit les yeux et lui sourit, de ce sourire franc qu’il lui adressait de moins en moins souvent ne pu t’elle s’empêcher de constater avec un petit pincement au cœur… Elle ne réussit pas à soutenir le regard bleu perçant de Jane et finit par détourner la tête, gênée. Elle était de moins en moins à l’aise lorsqu’il la dévisageait, sans doutes avait elle comprit qu’elle avait trouvé son maître en matière de masquer ses sentiments, découvrant par la même occasion qu’elle avait encore beaucoup à apprendre sur ce sujet.

Jane se retint de grogner alors qu’elle détournait la tête ; son regard était la seule chose qui lui permettait de voir la vie d’un autre angle, de choisir le bon chemin… Mais elle tentait de plus en plus de rompre le contact, de s’éloigner… Avait-elle peur ? Il n’aurait pu le jurer. Sentant la gène s’intensifier entre eux, il décida de rompre le silence.

-Comment va Cho ?

Le policier avait reçu un coup de matraque dans l’après-midi, au cours d’une manifestation que VanPelt et lui traversaient pour rejoindre Jane et Rigsby à l’aéroport. Jane vit les muscles de Lisbon se détendre et son visage se décontracter, la conversation semblait mieux lui convenir.

-Ca va, le médecin a dit qu’il aurait juste un gros hématome. Il lui a conseillé de se reposer demain, de rester tranquille au calme.

-Bien…

Et il recommença à dévisager Lisbon qui buvait son café, les yeux toujours fixés sur l’écran de son ordinateur, lisant un texte sans le voir. Juste pour se donner du temps. Mais Jane était patient, un des avantages que la traque de RedJohn lui avait permis de développer, et aujourd’hui il avait décidé de gagner, d’enfin comprendre, d’enfin la comprendre.
Quand, enfin, elle décida de tourner la tête et d’affronter son partenaire, de soutenir son regard acier, Jane regretta un instant de l’y avoir contrainte. La fatigue accentuait ses traits, lui permettant, si c’était possible, de saisir encore plus précisément les sentiments de sa collègue. Perdue était le mot qui l’aurait la mieux qualifié à ce moment précis. Elle était totalement perdue et inconsciemment, elle l’appelait à l’aide, son corps lui hurlait de la réconforter, de l’aider à se retrouver, à ne pas faire de bêtise. Il hésita, il craignait quand à sa réaction, il ne voulait pas que ce qu’il était nuise à Lisbon, il aurait voulu être autre chose juste cinq minutes pour répondre à sa supplication silencieuse sans commettre l’irréparable…

Il prit sa décision en une fraction de seconde, son esprit bouillonnant tant il avait essayé de trouver une solution pour faire au mieux. Il se leva et contourna le bureau, prenant Lisbon dans ses bras et la serrant délicatement mais fermement. Il la sentait se détendre, il sentait sa poitrine se soulever en un rythme plus régulier, son cœur battre calmement, la, tout contre lui. Il se mit à lui caresser doucement les cheveux en fermant les yeux, ils en avaient tous les deux besoin.

Au bout d’un moment, elle recula, légèrement gênée, mais Jane lui sourit et il vit les quelques doutes qui restaient à sa partenaire s’envoler de son visage, le laissant serein malgré ma fatigue qui se faisait toujours voir. Il lui déposa un rapide baiser sur le front et contourna à nouveau le bureau, se plaçant derrière le fauteuil qu’il occupait quelques instants plus tôt.

Lisbon jeta un coup d’œil à la pendule et ses yeux s’écarquillèrent ; deux heures vingt… Sa tentative d’esquisser le regard de Jane avait duré plus longtemps qu’elle ne l’aurait cru. Elle dormirait dans son bureau cette nuit, pas question de rentrer chez elle. Et, cette brève, outre son effet apaisant, allait lui assurer une bonne nuit, elle n’en avait aucuns doutes. Jane, lui aussi, semblait fatigué et envieux de retrouver son divan, bien qu’il aurait pu rester encore des heures à fixer le visage de son amie, tous ses doutes effacés.

-Encore merci pour le café, dit elle en montrant la tasse au trois quarts pleine.

-De rien, répondit-il en souriant. Bonne nuit Lisbon.

-Bonne nuit. A demain.

*



Lorsque Jane se coucha dans son canapé, croisant les bras derrière sa tête, il était étrangement calme. Il savait, à présent, quel chemin il devait prendre. Il savait qu’une partie des craintes qu’éprouvait Lisbon venaient de ce qu’elle ressentait pour lui. Elle ne voulait rien laisser paraître, par respect, pour ne pas le mettre mal à l’aise. Pas besoin. Il avait tranché au moment même ou il l’avait senti dans ses bras. A ce moment précis, il avait compris qu’ils avaient enfin trouvé leur place, ensemble. Mais il avait aussi compris que Lisbon ne ferait jamais rien, trop peu sûr de ce que lui ressentait, vis à vis d’elle mais surtout vis à vis de sa femme et de sa fille. Jamais elle ne les oublierait et s’était ce qui la poussait à éviter tout contact avec lui, de peur de ses propres sentiments, de peur de ce qu’elle laisserait paraître face aux yeux experts de Jane, mais aussi de peur de ceux de Jane dont elle avait conscience. Elle ne voulait pas qu’il se sente obligé de faire un choix, au contraire, elle préférait rester seule, se raccrochant à son travail et à la capture de RedJohn pour enfouir tout ça au plus profond d’elle. Et Dieux sait qu’elle était très douée à ce jeu la. Mais, au contraire, cela avait été le déclic, Jane avait compris ce qu’il avait à faire. Le premier pas. Il devait le faire, c’était à lui de le faire… Prendre le bon chemin, avancer, recommencer à vivre, à se fixer un nouveau but. Il en avait le droit, il en avait l’envie, il en avait le besoin. Et ce soir, il avait mis un pied dans se chemin, tournant le dos à l’avenir sombre, rouge sang, qui s’offrait auparavant à lui. Il voyait l’horizon s’éclaircir, malgré quelques nuages qui persisteraient, il le savait.

Et c’est sur cette pensée que Patrick Jane s’endormit ce soir la dans les locaux du CBI, le sourire aux lèvres et les larmes au coin des yeux, son alliance désormais au fond de sa poche…
Prendre le bon chemin…



A suivre...

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